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COP21 : renouvelables et nucléaire, le scénario privilégié ?

Vendredi, octobre 16th, 2015

Le monde de l’énergie se met au vert. D’ici 2020, les énergies propres représenteront 26% de la production d’électricité dans le monde. Grâce à des subventions nationales, l’énergie renouvelable s’est considérablement développée. La COP 21 et les considérations autour du réchauffement climatique – multiplications des catastrophes naturelles, augmentation du niveau de la mer, pollutions chroniques – ont mis la réduction de l’emprunte carbone au premier plan des priorités internationales. Les 147 contributions nationales publiées dans ce cadre illustrent la diffusion d’idées et de stratégies visant à la réduction des émissions de Gaz à effet de serre. Energies renouvelables, bien sûr, mais aussi nucléaire sont au premier plan.

Impossible de le nier, le monde se réchauffe. La multitude de preuves et de répercussions liées au réchauffement climatique a enfin mis la réduction sensible des émissions de gaz à effet de serre (GES) au premier plan des priorités environnementales mondiales. A cette fin, il est nécessaire d’adapter notre consommation et de réguler les émissions. Ainsi, au 1er octobre, 147 pays membres de l’Organisation de nations Unies (ONU), qui, selon les données de la Banque mondiale pour l’année 2010, sont responsables d’une production totale de 38,42 milliards de tonnes d’équivalent CO2 (GtCO2) ont remis leur engagement d’atténuation de leurs émissions de GES.

Ces engagements ont été pris dans le cadre des discussions préliminaires à la COP 21 (La Conférence de Paris sur les changements climatiques) censée produire un accord contraignant, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, pour les pays signataires. La communauté internationale a fixé un objectif clair : faire en sorte que la hausse de la température moyenne ne dépasse pas 2 degrés d’ici à la fin du siècle, par rapport à l’ère préindustrielle. Concrètement, cet objectif doit se traduire par une réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine qui, à défaut, s’accumuleront dans l’atmosphère.

La consommation d’électricité mondiale connaît une croissance constante depuis les années 70 – elle a été multipliée par 3,2. Avec le renforcement des réseaux électriques dans certaines régions qui ont longtemps souffert de pénuries (Afrique, Asie…) et dans un monde de plus en plus connecté, cette tendance ne semble pas près de s’arrêter. La consommation d’électricité dans le monde devrait augmenter de 75 % entre 2007 et 2030, passant de 19.756 TWh à 34.292 TWh. Or, les deux tiers des émissions de GES proviennent de la production et de la consommation d’énergie.

Aussi, afin de continuer à approvisionner une population de plus en plus dépendante, il convient de s’affranchir des énergies fossiles, fortes émettrices de GES. Deux voies sont explorées dans ce sens : les énergies vertes et l’énergie nucléaire. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les énergies renouvelables représenteront 26% de la production d’électricité dans le monde en 2020, et 60% de la production européenne d’électricité en 2030 contre 40% en 2012. D’ici 2020, 700 gigawatts de nouvelles capacités vertes seront installés.

Cette révolution verte est rendue possible par la réduction des coûts de production de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque, ainsi que par de vastes programmes de subventions nationaux et régionaux visant à promouvoir les énergies propres – l’EU estime qu’elle investira entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars à cette fin durant les 15 prochaines années. Au niveau mondial, Bloomberg anticipe des investissements de 7.700 milliards de dollars dans la production d’électricité, dont deux tiers pour les énergies renouvelables. La région Asie-Pacifique dépenserait 2.500 milliards, les Amériques 816 milliards, et la région Moyen-Orient / Afrique 818 milliards pour cette production durable.

Ces investissements considérables permettent un développement de nouvelles capacités vertes, mais également une amélioration substantielle de l’efficacité de nos technologies. L’amélioration de l’efficacité énergétique permettra par exemple de modérer l’évolution de la demande d’électricité à +9% entre 2014 et 2030. Dans les faits, ce développement des énergies propres va concerner nombre de pays émergents avec, en tête de liste, la Chine, qui pèsera pour 40% des énergies vertes installées, l’Afrique du Sud ou encore le Brésil.

Le géant de l’électricité français EDF a d’ailleurs pris le pas, et s’est imposé comme leader des énergies décarbonées dans le monde. Acteur majeur de la transition énergétique, le Groupe participe à la fourniture d’énergies et de services à environ 37,8 millions de clients, dont 28,3 millions en France. Il a développé un mix de production diversifié basé sur les énergies nouvelles renouvelables et l’énergie nucléaire. Cette dernière a en effet un rôle important à jouer dans cette transition, permettant une production très importante pour des retombées carbone quasiment nulles.

Cet atout a attiré l’oeil de la Chine, pays vorace en énergie, où plus d’une vingtaine de réacteurs, incluant les deux EPR de Taishan, sont en train d’être installés par le groupe. Avec Areva, EDF s’est engagé dans plusieurs collaborations avec les grands électriciens chinois CGN et CNNC. Prochaine étape : la finition d’un important projet d’usine chinoise de traitement et recyclage des combustibles usés, bâtie sur le modèle de l’usine française de La Hague, toujours dans un souci écologiste dans le premier pays pollueur mondial. Le PDG Jean-Bernard Lévy a d’ailleurs fait savoir q’il était pleinement mobilisé, aux côtés du nouveau président d’Areva Philippe Varin, en vue d’une visite en Chine du Premier ministre Manuel Valls, fin janvier.