PRISE EN COMPTE DE LA RSE PAR LES PME

Salon Planète PME Paris – 16 juin 2011

Qui croit encore que la RSE n’est réservée qu’aux grandes entreprises ?

Brigitte Thieck-Regal, directrice d’Ecoethic et par ailleurs en charge des questions liées à la RSE à la CGPME Île-de-France a fait un exposé très synthétique sur les enjeux de la RSE pour les PME et a aussi présenté l’aide que la CGPME Île-de-France va apporter à compter de juillet aux TPE/PME franciliennes en la matière. Si la conférence ne m’a pas apporté véritablement d’éléments nouveaux, elle a eu néanmoins le mérite de synthétiser et de rappeler certains points clés.

Madame Thieck a tout d’abord rappelé la différence entre DD et RSE, ce qui, à mon humble avis, n’est pas inutile ! Le DD, « c’est une vue de l’esprit, un concept, voire une utopie ». Par contre, la RSE est « l’intégration pratique du DD au business-modèle de l’entreprise ».

La RSE est un concept en évolution permanente et cette évolution constante demande une forte capacité d’adaptation au changement, de la proactivité. La RSE doit s’inscrire dans une dynamique de progrès permanent (amélioration continue où toutes les parties prenantes sont intégrées dans une démarche apprenante située dans une optique moyen-long terme). La RSE reste une démarche volontaire, d’où l’importance d’être portée par un « pilote » (souvent  le chef d’entreprise qui croit en certaines valeurs et exprime une vision pour son entreprise). La RSE est censée aller au-delà des obligations réglementaires et se co-construit avec toute la sphère d’influence de l’entreprise. Rappelons ici que tous les piliers de la RSE ont la même importance…(rentabilité économique, préservation de l’environnement, équité sociale et sociétale). C’est une approche « glocale » (penser global, agir local). Elle oblige à repenser toute la stratégie et le business-modèle de l’entreprise selon les enjeux spécifiques du secteur d’activité, à repenser aussi toutes les fonctions de l’entreprise (achats, communication, DSI, marketing, etc.) ainsi que le cycle de vie des produits/services.

Il s’agit réellement de faire de la RSE un changement culturel, dans un esprit transverse, d’ouverture et de coopération. D’où l’importance, pour les TPE/PME d’être accompagnées dans ce chemin pas toujours évident ! Si le chef d’entreprise doit porter la démarche DD/RSE, il doit travailler avec et entraîner tous ses collaborateurs ainsi que ses parties prenantes dans la définition des actions à entreprendre. L’embauche d’une personne spécifique en charge du DD ne se justifie pas pour une TPE/PME (pour des raisons de coûts, bien qu’une personne à temps plein pourrait sans doute mieux structurer et faire avancer les démarches plus vite sachant que le cadre offert par la norme Iso 26000 ou autres référentiels types GRI ou Afaq 26000 de l’Afnor est souvent complexe). En fait, il faut s’inspirer de la norme Iso 26000 (guide pratique universel non certifiable de mise en place des démarches RSE avec ses 7 questions centrales) ou des référentiels GRI ou Global Compact plutôt destinés aux grandes entreprises, pour les adapter à l’échelle des TPE/PME. Dans cette optique, un « temps partagé » et une « déclinaison DD » dans toutes les fonctions de l’entreprise apparaît comme la solution la plus souple et la plus économique pour une TPE/PME. Ce qui est important à ce niveau, c’est de bien travailler en amont sur les volets sensibilisation, formation, responsabilisation, afin de s’assurer de la bonne appropriation de la démarche RSE dans toute l’entreprise et tout au long de sa chaîne de valeur. Notons que très souvent, les TPE/PME « font du DD sans le savoir » et que la formalisation n’est pas si difficile.

On constate que les TPE/PME sont souvent « découragée » par la complexité des outils et référentiels (voir étude générali/Csa ici), visant à répondre aux demandes croissantes « de rendre compte de ce qu’on fait » aux stakeholders.  De plus, il faut connaître les différents codes (civil, pénal, environnement, etc.). C’est pourquoi des outils comme ceux du CJD (GPS, jeu « I nove you » et performance globale) ou de la CGPME Île-de-France (suivi individuel, autodiagnostics en ligne, formations collectives, partages de pratiques, etc.) sont très utiles pour « démystifier » et simplifier les choses ! En outre, l’article 53 du Grenelle 2 stipule que « des incitations fiscales seront données pour encourager les démarches RSE »…à voir !

Pour terminer, je rappellerais les quelques avantages essentiels pour une TPE/PME de se lancer dans une démarche RSE :

  1. Développer une vision anticipatrice, source de compétitivité, d’innovations et créatrice de valeur durable sur le long-terme en termes économiques, sociaux et sociétaux ;
  2. Eviter les contentieux et des pertes de marchés (notamment les appels d’offres émanant du secteur public) ;
  3. Meilleure appréhension et anticipation des risques ;
  4. Consolidation et pérennisation de l’activité comme des relations avec les parties prenantes ;
  5. Augmentation de la performance globale, avec réduction des coûts (externalités négatives) ;
  6. Innovations issues d’un nouveau business-modèle qui s’orientent vers l’économie de la fonctionnalité (détection de nouvelles opportunités, stratégie de « l’océan bleu ») ;
  7.  Mobilisation, fierté et fidélisation des salariés en interne ;
  8. Meilleure image externe et meilleure attractivité (notamment en termes de recrutement)

Au travail!

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